Ca ne date pas d’hier…

Mon grand-père était ingénieur en électricité et a passé une bonne partie de sa carrière à fabriquer des locomotives à l’Alstom. Il a passé l’autre partie à UDD-FIM. C’est étonnant de discuter avec lui et de constater le fossé (le ravin ?) entre ce qu’il a vécu et ce que je vis dans le monde du travail. C’est valable tant pour le rôle, le statut, le travail de l’ingénieur que pour la vie en entreprise ou encore les moyens à disposition (pas de mail, pas de Powerpoint ou de Word !).

Certaines choses ne datent en revanche pas d’hier, comme le montre ce trio d’anecdotes sur les transferts de technologies et le vol d’idées. Il a vécu les deux premières, la 3e lui a été rapportée par un ami.

1) Lors de la livraison des locomotives à la Chine, la délégation chinoise était extrêmement tatillonne. En effet, ils pensaient que les Français étaient des voleurs et refuseraient de transmettre correctement les connaissances technologiques achetées en même temps. Ils posaient donc les mêmes questions plusieurs fois, à des personnes différentes personnes, avec de vérifier la concordance des dires. Et déjà dans les années 1950, la vente de locomotives s’accompagnait d’un transfert de technologies.

2) Lors d’un salon (genre, le salon de l’électromécanique), il a observé avec intérêt des groupes de visiteurs japonais forts bien organisés, qui mitraillaient tout, prenant en photo n’importe quel truc digne d’un minimum d’intérêt. La machine était bien rodée puisque l’un des ces visiteurs avait un chapeau et se mettait toujours de façon assez similaire par rapport au sujet photographié. Ou comment avoir la taille des objets en prime et bien pomper les idées des autres.

3) Anecdote indirecte, qu’il tient d’un des ses amis qui était lui ingénieur dans une société de construction de bateaux. La société recevait régulièrement des demandes de devis de la part de clients japonais et, bizarrement, ces devis restaient toujours sans réponse japonaise. À une nouvelle demande de bateaux, le responsable du projet a demandé à son équipe de répondre très sérieusement à la demande mais en faisant en sorte que le point de gravité du bateau soit beaucoup trop bas et que cela fasse couler le bateau. Le devis est parti et la commande est restée sans suite. Ils ont ensuite appris par des moyens détourner que l’entreprise cliente avait construit des bateaux correspondant à ce devis et ont envoyé un de leurs ingénieurs sur place pour assister à la réception/inauguration/mise à l’eau de ces navires. Au bout de 100 mètres, le bateau s’est retourné et a coulé…

True story.

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